Extrait du dossier de presse du Defi pour la terre lancé le 24 mai par Nicolas Hulot
Vous avez plus de pouvoir que vous ne le pensez
La Terre, cette planète magnifique, est bien plus fragile qu’on ne
l’imagine et la pression de l’homme,
bien plus forte qu’elle ne peut le supporter. Des signaux alarmants confirment
qu'un dérèglement
climatique planétaire est en marche. La communauté scientifique
s'accorde sur la cause majeure de ce
phénomène : l'augmentation de l'effet de serre résultant
des activités humaines. Nos comportements
quotidiens sont responsables de 50% des émissions de gaz à effet
de serre ! Nous savons, mais nous
refusons d'agir. Le paradoxe est insupportable.
Il est grand temps que la prise de conscience se traduise dans les actes, individuels
et collectifs.
Notre avenir est entre nos mains, il faut réagir, et vite. Le développement
durable est bel et bien une
révolution culturelle qui devrait nous conduire à changer de comportement,
produire et consommer
différemment, afin d’assumer pleinement nos responsabilités.
Réduisons notre impact écologique,
la nature et l’humanité ont besoin de chacun de nous, là où
il se trouve. C’est un combat qui nécessite
la participation de tous.
Relever le Défi pour la Terre, c’est se mobiliser au quotidien.
Les moyens de transport que nous utilisons, la façon dont nous nous chauffons,
les produits que nous
consommons, ce que nous mangeons… ; voilà autant d’actions
qui nous lient à notre environnement.
Essayons, le temps faisant, d’améliorer nos comportements, échangeons
nos bonnes idées et nos
bonnes pratiques. Multipliés à l’échelle d’un
pays, ces bons réflexes contribueront à réduire l’impact
des activités humaines sur la planète.
Aucune action individuelle n’est dérisoire. Chaque geste compte !
Alors faisons les bons gestes pour
la planète! Ouvrons le chemin, soyons citoyens de la Terre, l’ensemble
des acteurs publics et privés
suivra !
La Terre atteint un seuil de vulnérabilité
sans précédent…
Des signaux alarmants viennent confirmer qu’un dérèglement
climatique planétaire est en marche. La
terre se réchauffe, la banquise fond et d’autres événements
extrêmes semblent se multiplier. La
France n’est pas épargnée : tempêtes de décembre
1999, inondations de 2001 et canicule de l’été
2003 sont autant de signaux d’alertes. Ce qui est particulièrement
inquiétant c’est que le phénomène
actuel dépasse, par son ampleur et sa rapidité, les épisodes
climatiques des 400 000 dernières années.
Les climatologues ont constaté que la température moyenne de la
planète avait augmenté de +0,6°C
au cours du XXe siècle.
Aujourd’hui, il n’y a plus de doute, les rapports scientifiques
se précisent sur l’ampleur du phénomène.
La communauté scientifique s’accorde sur la cause majeure de ce
dérèglement : l’augmentation, par
les activités humaines, de l’effet de serre.
Qu’est-ce que l’effet de serre ?
L’expression « effet de serre » décrit le processus
de réchauffement de la planète. À l’origine de ce
réchauffement : les fameux « gaz à effet de serre ».
Présents en très petite quantité dans l’atmosphère,
ces gaz constituent une sorte de coque protectrice autour de la Terre qui emmagasine
la chaleur. Ils
permettent à la planète de se maintenir à une température
moyenne de 15°C. Sans eux, cette température
avoisinerait les -18°C et rendrait impossible toute forme de vie. Il s’agit
là de l’effet de serre « naturel ».
Les activités humaines (transport, chauffage, combustion, agriculture…)
engendrent des émissions
de gaz à effet de serre supplémentaires qui dérèglent
l’équilibre du climat. C’est l’effet de serre
« additionnel » dû à l’homme.
En un siècle, les concentrations de gaz à effet de serre dans
l’atmosphère ont augmenté de 35%. Si
nous ne réagissons pas et vite, les scientifiques sont formels sur ce
qui nous attend dans les prochaines
années : augmentation globale des températures, fonte des glaciers,
perte de la biodiversité, davantage
de canicules, d’inondations et de tempêtes…
…Et nous sommes tous responsables !
Toute la journée, nous consommons de l’énergie à
travers nos déplacements, notre alimentation,
nos équipements domestiques, la manière dont nous nous chauffons…
La combustion de cette
énergie produit du CO2, l’un des principaux gaz à effet
de serre à l’origine du réchauffement climatique.
Nos comportements quotidiens sont responsables de 50% des émissions de
gaz à effet de serre, et
pourtant peu de Français ont conscience du lien étroit entre le
dérèglement climatique et certains
gestes réalisés au quotidien.
Les pays industrialisés, dont la France, sont responsables de la plus
grande partie des émissions de
gaz à effet de serre. C’est donc à nous, pays industrialisés,
d’agir en premier !
Ainsi, en moyenne, un Européen émet 10 tonnes CO2/an, soit 20
fois plus de CO2 qu’un habitant de
l’Afrique subsaharienne (0,5 tonne CO2/an) et un habitant des Etats-Unis,
40 fois plus (20 tonnes
CO2/an). Un Indien émet quant à lui 1 tonne de CO2 par an, un
Chinois un peu plus de 2 tonnes et
un Français 7 tonnes (en 2002) ! En France, la consommation énergétique
des ménages a quasiment
triplé entre 1960 et 2000.
> A quoi ressemblera notre futur si nous ne réagissons pas ?
Durant le XXIe siècle, la température moyenne pourrait augmenter,
selon les scénarii de développement,
de 1,4°C à 5,8°C. La communauté scientifique internationale
nous délivre aujourd’hui des messages
très clairs :
- il y a plus de 90% de probabilité pour que, dans les décennies
à venir, les canicules soient plus
longues et plus intenses,
- il y a plus de 90% de probabilité pour que, dans de nombreuses régions
du monde, les
précipitations soient plus intenses et plus variables.
Sous l’action de la dilatation thermique des océans et de la fonte
des glaciers terrestres, le niveau
des mers devrait gagner 50 cm d’ici 2100, menaçant les deltas,
les lagunes, les côtes… Au total 150
millions de personnes seraient affectées par une telle montée
des eaux sur les basses terres comme
la Camargue et plus loin de nous : le Bengladesh, les Îles Maldives, le
nord du Delta du Nil, les lagunes
des pays côtiers d’Afrique allant du Sénégal à
l’Angola… A cela viendront s’ajouter les risques sanitaires
avec le développement des maladies transmissibles par les moustiques
et les parasites (paludisme,
fièvre jaune…), du fait d’une modification de leurs aires
de reproduction. Une réduction de la sécurité
d’approvisionnement en eau potable avec l’augmentation des sécheresses
et l’évolution du cycle de
l’eau est également à craindre…
Aujourd’hui le changement climatique est engagé et on ne pourra
pas revenir en arrière. Il est par
contre encore temps de limiter l’ampleur de ces dérèglements
si nous nous mobilisons rapidement.
Il ne faut pas céder au fatalisme, au « il n’y a plus rien
à faire ».
Chacun peut agir pour limiter l’ampleur de ces phénomènes
:
il suffit de modifier nos comportements et de le faire collectivement !
Afin d’aider le grand public à passer à l’action,
la Fondation Nicolas Hulot et l’ADEME lancent aujourd’hui :
le Défi pour la Terre.
Coup d’envoi le 24 mai 2005 !